Gouvernement

Burkini dans les piscines à Grenoble: le préfet se dit prêt à saisir le tribunal administratif

La piscine Jean Bron à Grenoble. - Google Maps

Alors que la mairie de Grenoble va voter pour autoriser le burkini dans les piscines, le préfet annonce qu'il pourrait saisir le tribunal administratif sur instruction du ministère de l'Intérieur.

Une affaire qui pourrait prendre encore plus d'ampleur dans les prochains jours. Alors que la mairie écologiste de Grenoble doit voter ce lundi sur l'autorisation du port du burkini dans les piscines de la ville, la préfecture de l'Isère ne veut pas rester observatrice.

"Cette délibération, dont l’objectif manifeste est de céder à des revendications communautaristes à visées religieuses, paraît contrevenir au principe de laïcité posé par la loi de 1905 ainsi qu’aux dispositions de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République", a déclaré dans un communiqué ce dimanche le préfet Laurent Prévost.

"Zemmourisation du débat"

Ce dernier a donc assuré que si la mairie dirigée par Éric Piolle venait à valider le texte, il saisira le tribunal administratif de Grenoble. Une décision prise "conformément aux instructions" du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. La préfecture demandera ainsi la suspension de la mesure.

Mais rien ne dit encore que le texte sera bel et bien adopté ce lundi. En effet, selon les informations du Parisien, au moins 13 élus du groupe majoritaire à la mairie s'apprêtent à voter contre la mesure. Éric Piolle, de son côté, avait dénoncé sur BFMTV une "zemmourisation du débat" alors que la région dirigée par Laurent Wauquiez (LR) a menacé de couper "toute subvention à la ville de Grenoble" si le burkini venait à être autorisé dans les piscines.

Le maire de Grenoble a expliqué sa mesure par le respect des mesures d'hygiène. Expliquant que les restrictions liées à la laïcité concernaient seulement l'école "pour les élèves, pour les enseignants et pour les agents du service public" ainsi que les "fonctionnaires et ceux qui exercent une mission de service public", il assure que le burkini doit être autorisé puisqu'il répond aux seuls critères de sécurité et d'hygiène.

A.A. avec AFP