Politique

Marisol Touraine, Catherine Vautrin, Audrey Azoulay... Les visages qui pourraient arriver à Matignon

À quelques heures du départ de Jean Castex de Matignon, plusieurs noms circulent avec insistance pour le remplacer comme celui de Catherine Vautrin ou encore Valérie Létard. BFMTV.com vous résume les principales hypothèses sur la table.

Alors que le nom du nouveau ou de la nouvelle locataire de Matignon devrait être connu dans les prochaines heures ce lundi, BFMTV.com passe en revue les profils qui circulent. Seul indice distillé par Emmanuel Macron lors de son premier déplacement après sa victoire, le 27 avril, à Cergy-Pontoise: il s'agira de quelqu'un qui est "attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive". Le président a également fait savoir qu'il ambitionnait de nommer une femme.

· Catherine Vautrin

Le nom de Catherine Vautrin, la présidente du Grand Reims, est celui qui a le plus circulé le week-end dernier. Ministre sous les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin puis de Dominique de Villepin, cette ancienne députée LR de la Marne et vice-présidente de l'Assemblée nationale de 2008 à 2017, est une proche de Nicolas Sarkozy. Elle a même été sa porte-parole pendant la primaire de la droite en 2016. Problème: elle est loin de faire l'unanimité au sein de la majorité présidentielle.

Du côté de l'aile gauche de la macronie, on lui reproche son engagement passé dans les rangs de la Manif pour tous. L'élue avait en effet voté contre le mariage homosexuel en 2013. Les figures de droite du parti pointent de leur côté son supposé manque d'envergure politique.

Catherine Vautrin © Lionel Bonaventure - AFP

· Valérie Létard

La nomination de cettesénatrice centriste et ancienne présidente de Valenciennes Métropole pourrait également être envisagée. Ex-secrétaire d'État aux Solidarités puis aux Technologies vertes sous François Hollande, Valérie Létard coche les cases de la fibre écologique recherchée par le président.

Cette proche de Jean-Louis Borloo, avec qui elle a fondé l'UDI, a par ailleurs commencé sa carrière en tant qu'assistante sociale avant de se spécialiser sur la politique de la ville, un atout également pour séduire les électeurs de gauche, à quelques semaines des législatives.

La sénatrice (UDI) Valérie Létard à Vincennes, près de Paris, le 22 janvier 2022 © JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

· Marisol Touraine

L'hypothèse Marisol Touraine, ancienne ministre des Affaires sociales et de la Santé de François Hollande, tient également la corde. Cette conseillère d'État a fait passer une réforme des retraites en 2014, un atout pour plancher sur l'allongement de l'âge de départ à 65 ans, et connaît très bien les arcanes ministériels.

La sexagénaire a notamment travaillé plusieurs années aux côtés de Michel Rocard à Matignon. Présente lors de la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron il y a une dizaine de jours, elle n'incarne cependant pas le renouvellement promis par le président pendant sa campagne.

Marisol Touraine. © Kenzo Tribouillard- AFP

· Audrey Azoulay

Ministre de la Culture sous François Hollande, Audrey Azoulay avait été relativement discrète pendant son passage rue de Valois. Celle qui a passé l'essentiel de sa carrière à plancher sur les sujets liés au cinéma et à l'audiovisuel public remplit cependant plusieurs critères qui pourraient convaincre le locataire de l'Élysée.

Elle est relativement jeune - 49 ans - et reste méconnue du grand public - un atout pour pouvoir afficher un certain changement de style. Audrey Azoulay a également veillé à placer son mandat à la tête de l'Unesco, qu'elle dirige actuellement, sous le sceau de l'écologie. Une qualité pour Emmanuel Macron, qui recherche un profil sensible aux questions environnementales.

La directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, lors de son discours pour le 75e anniversaire de l'organisation, le 21 novembre 2021 à Paris © JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

· Élisabeth Borne

L'actuelle ministre du Travail Élisabeth Borne fait partie des grandes favorites pour le poste. Son passage par le cabinet de Ségolène Royal, alors ministre de l'Écologie, avant de devenir elle-même ministre des Transports en 2017 puis de la Transition écologique en 2019, pourrait jouer en sa faveur.

De par son poste rue de Grenelle, elle peut également se targuer de bien connaître les syndicats. Un élément en sa faveur pour négocier l'allongement de l'âge de départ à la retraite.

La ministre du travail Elisabeth Borne à Paris le 11 mai 2022 © Ludovic MARIN © 2019 AFP

· Julien Denormandie

Venu lui aussi de la gauche, Julien Denormandie fait également partie des options sur la table. Mais son nom pourrait crisper sur les bancs des écologistes, alors que sa vision de la gestion des forêts françaises a été pointée du doigt, tout comme sa relative proximimité avec la FNSEA.

Ses propos de 2018, dans lesquels il affirmait qu'à "peu près une cinquantaine d'hommes isolés en Île-de-France dorment dehors", avaient également fait désordre, sans compter le fait qu'il n'a pas d'expertise sur les questions sociales.

Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie à Bruxelles le 21 mars 2022 © Kenzo TRIBOUILLARD © 2019 AFP

· Richard Ferrand

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, semble cocher les cases. Issu de la gauche, c'est un ancien soutien de Martine Aubry à la primaire socialiste puis un proche des députés frondeurs, l'aile gauche de la Hollandie pendant le précédent quinquennat. Il a également soutenu la taxe sur les poids lourds qui a été à l'origine du mouvement des Bonnets rouges, avant de rétropédaler.

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand sort d'une réunion à l'Elysée, Paris, le 8 mars 2022 © Ludovic MARIN © 2019 AFP

Problème: il est toujours mis en cause dans une affaire immobilière des Mutuelles de Bretagne, qu'il a un temps dirigé et qui lui avait déjà coûté son poste de ministre en 2017. (Anticor s'est pourvu en cassation en 2021 pour contester la prescription des faits reprochés à Richard Ferrand,NDLR).

Marie-Pierre Bourgeois