Tech

"Une page se tourne": nostalgiques, ils pleurent la fin du légendaire iPod d'Apple

Les différentes gammes d'Ipod de la marque Apple, de l'Ipod Shuffle à l'Ipod Classic. - Flickr - CC Commons - Chris Harrison

L'iPod, le plus célèbre des baladeurs numériques qui a révolutionné les usages musicaux dans les années 2000, a décidé d'arrêter sa production après l'essoufflement de ses ventes. Au grand dam des derniers aficionados du petit boîtier à molette.

Clap de fin pour l'iPod. Plus de vingt ans après sa naissance, Apple a annoncé mardi la fin de la production de son célèbre baladeur numérique, même si l'iPod Touch restera disponible jusqu'à épuisement des stocks dans les points de vente de la marque. Mais la disparition de ce produit mythique des années 2000, qui a révolutionné la façon de consommer la musique, suscite une vague d'émotion à travers le monde.

Après l'annonce d'Apple sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs se sont unis sous le hashtag "#iPodRIP" pour lui dire un dernier adieu, constatait mercredi l'AFP. "Noooon, iPod touch, tu étais trop pur pour ce monde!", a par exemple tweeté l'entrepreneur américain Anil Dash, PDG de Glitch (start-up de développement de logiciels).

"Clairement, c'est un des produits lancés par Apple qui a complètement changé nos vies", expliquait aussi à l'AFP Francisco Jeronimo, analyste au sein du cabinet IDC, spécialisé dans les nouvelles technologies.
Les différentes générations d'Ipod d'Apple, du modèle classique au Nano. © Flickr - CC Commons - Colin Harris

"Bien au-dessus de toute ce qui se faisait à l'époque"

"Quand il est sorti, je travaillais en rayon à la Fnac et ça m'a vraiment marqué", raconte à BFMTV.com Mathieu, qui avait 22 ans à l'époque. "J'aimais vraiment l'objet, et d'ailleurs il me plaît encore beaucoup 20 ans après. Je me souviens que c'était aussi bien un objet qu'on avait dans sa poche tout le temps et un objet de déco. C'était bien au-dessus que tout ce qui se faisait à l'époque."

Au sommet de sa gloire, ce petit appareil s'écoulait à plusieurs dizaines de millions d'exemplaires chaque année. Avec son design iconique et malgré un prix de 400 dollars à son lancement, l'iPod a vite écrasé toute concurrence avec une promesse: "Mettre 1000 chansons dans votre poche."

"J'ai vraiment eu un coup de coeur pour ce produit, que j'ai par la suite collectionné, je les ai tous eu et je les ai usés jusqu'à la corde malheureusement!", se souvient cet homme d'aujourd'hui 41 ans, désormais dépourvu d'iPod qui fonctionne.

Pour lui, l'iPod "a véritablement marqué une époque. Du Kylie Minogue à des bandes originales de film, j'avais de tout dessus. C'était écclectique. C'était le moment où, comme beaucoup de monde, je téléchargais illégalement. C'était devenu une extension de moi, je l'avais tout le temps dans ma poche chargé et prêt à être dégaîné", se rappelle cet homme, aujourd'hui responsable relation client d'un grand groupe de matériel informatique à Nantes.

"Tant qu'il fonctionnera je continuerai de l’utiliser!"

D'autres, eux, ont précieusement gardé leur exemplaire. Toujours séduits par son design, ils utilisent toujours religieusement leur vieil appareil. Michaël, 42 ans, se sert par exemple de son iPod classic blanc pour "écouter de la musique en voiture". "Cela me permet de brancher mon iPod et de garder le téléphone pour faire autre chose notamment le GPS", confie-t-il à BFMTV.com, même s'il reconnaît qu'il lui arrive aussi d’écouter occasionnellement de la musique en streaming sur son téléphone.

"Mon iPod, la version classique en 80 Go des années 2000, tient toujours et tant qu'il fonctionnera je continuerai de l’utiliser! Je l'avais mis dans une pochette mais elle a rendue l'âme avant lui", s'étonne même le quadragénaire, chargé d’études dans le secteur asssociatif à Versailles. "Étonnamment, sa batterie tient toujours aussi bien, ce qui est rare pour un produit Apple! Après je ne sais pas exactement combien de milliers de chansons j’ai sur mon iPod mais même s'il est rempli, il me reste encore beaucoup de choses à écouter."

"Mais je m'en sers aussi en vacances, sur la plage ou au bord d’une piscine ou en soirée (si une enceinte dispose d’une prise USB)", confie cet amateur. "Quand on y pense, pour l'époque sa capacité de stockage était impressionnante, et puis l’écran et la navigation par molette tactile étaient innovants et très agréables", loue-t-il encore.

Des Ipod Nano dans une boutique Apple à San Francisco en septembre 2007. © JUSTIN SULLIVAN

Et les quadragénaires ne sont pas les seuls à regretter la fin de l'iPod. "Une page se tourne" aussi pour le jeune Clément, 16 ans, dont l'iPod Shuffle a été "le premier appareil technologique". "Mes parents me l'avaient offert à Noël quand j'avais 10 ans", raconte ce lycéen d'Aubagne (Bouches-du-Rhône). "Je l'avais perdu un temps puis j'ai remis la main dessus il y a trois ans et depuis je l'utilise souvent, en plus de mon smartphone", raconte l'élève en classe de Terminale, qui se dit "très déçu" par l'arrêt de la production. "Je fais parti de ceux qui espéraient un reboot (Cf. nouveau lancement)."

La gamme colorée d'Ipod Nano dans un Apple Store de San Francisco en septembre 2012. © JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA /

Pour lui, l'iPod et le streaming, "ce n'est pas incompatible". "Là par exemple, je viens de passer le bac. Eh bien j'étais content d'avoir mon Ipod avant les épreuves pour pouvoir me concentrer et être dans ma bulle. J'ai toutes mes playlists en streaming sur mon smartphone, mais j'aime bien aussi avoir mes basiques sur mon iPod. C'est hyper pratique dans les moments où tu veux t'isoler, ne pas être dérangé par les appels ou les notifications de ton portable."

"Il n'a pas juste changé notre façon d'écouter de la musique, il a changé l'intégralité de l'industrie musicale", assurait le fondateur d'Apple, Steve Jobs, en 2007. Malgré la gloire des débuts qui a largement contribué à propulser l'entreprise américaine, l'iPod n'a pas survécu à l'arrivée de l'iPhone en 2007, dont il était pourtant initialement inspiré. Cinq ans après sa sortie, l'iPod ne comptait déjà plus que pour 10% des revenus de la marque à la pomme, note l'AFP, et il se vendait bien moins que l'iPhone.

Jeanne BulantJournaliste BFMTV