Var

Var: comment les plongeurs-démineurs s'entraînent à neutraliser des engins explosifs à Saint-Mandrier

Cette formation donnée par la Marine nationale est sélective et difficile. Un seul un candidat sur deux réussit ses examens.

"Ce que j'attends de vous rapport à la bombe, c'est évidemment les mesures, les marquages, ce que vous connaissez déjà." À bord de la petite embarcation au large des côtes varoises, les élèves plongeurs-démineurs écoutent avec attention les consignes de leur instructeur.

Ce matin-là, ils doivent réaliser un exercice en conditions réelles, en suivant un scénario précis. "Nous sommes dans une zone post-conflit, et nous intervenons à la demande des autorités de ce pays", explique Cyril, chef de mission. "C'est-à-dire qu'il y a eu des mines qui ont été mouillées par leurs ennemis, et nous, notre mission, c'est de blanchir ces zones, de reconnaître, et de les aider dans leurs opérations militaires."

Des exercices auxquels sont habitués les élèves plongeurs-démineurs, qui ont commencé leur formation au mois de septembre.

"Rester calme en toutes circonstances"

Identifier et neutraliser tous les engins explosifs, sur terre comme sous la mer, c'est l'objectif de cette formation. Elle est dispensée à Saint-Mandrier, au Pôle école Méditerranée, qui regroupe quatre écoles différentes rattachées à la Marine. Une formation difficile, puisque seul un candidat sur deux réussit ses examens.

Le métier de plongeur-démineur demande beaucoup de sang-froid, pour faire face à des situations de stress.

"Le milieu sous-marin n'est pas naturel pour l'Homme", explique Olivier, commandant-instructeur. "Et deuxième difficulté: le déminage est une activité également à risque. La mise en oeuvre d'explosifs, c'est difficile. (...) Il faut être capable de prendre sur soi et de rester calme en toutes circonstances."

Le sang-froid, Moana n'en manque pas. Cet élève fait partie d'un groupe d'une dizaine de plongeurs-démineurs qui ont dû aller désamorcer un engin explosif découvert sur un récif, à quelques centaines de mètres du littoral.

"La première chose à faire, vu qu'il y a un risque que ce soit une munition sensible ou moderne, c'est de s'approcher lentement", explique Moana. Lui-même a rapidement reconnu l'engin explosif. "J'ai reconnu la munition étant donné que j'ai déjà travaillé dessus, et j'ai pu aller directement dessus parce que je savais qu'elle n'était pas sensible."

Si les conditions de plongée en Méditerranée sont plutôt idéales pour réaliser ce type d'exercices, les élèves sont aussi entraînés à intervenir dans des milieux plus difficiles. Dans deux semaines, ils se rendront à la base de Cherbourg, justement pour faire leurs preuves dans des conditions climatiques moins favorables.

Tom Becques et Laurène Rocheteau